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INTERVIEW AVEC CRISTINA CASTELLO,
LA FEMME DU REGARD PROFOND

Claudia Sosa Lichtenwald
Raquel Chazki
chazkir@tutopia.com
http://www.cristinacastello.com
Diario UNO – Argentine, Entre Ríos,
dimanche 18 janvier 2004.

 

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Cristina Castello

Nom nu, verbe pur

 

Au moyen d’un e-mail, la journaliste
et poète a mis des ailes bleues
à une interview
nécessaire et réfléchie.

 

Sans masques écrit et parle Cristina Castello, la femme qui amalgame journalisme et poésie (elle est dévorée d’eux) communique les intérieurs et les dehors en français, italien, allemand, anglais, espagnol et portugais dès sa page Web: le nourrit des semences de la bonne parole bien dite et sans excès".

Chez elle habitent (et cohabitent) la poésie, la vie et l’engagement. Pendant la dictature des années 70 l’odeur de la prison l’a marquée. «…Cette odeur à prison. Cette odeur-là. Celle-là. Elle m’arrivait jusqu’aux os de l’âme. Dieu! Elle pénétrait à fond chez moi quand je visitais les pauvres clôturés par les assassins répresseurs, pour la vie, la justice et la liberté. Il ne m’intéressait pas le parti politique auquel ils appartenaient. Je n’ai jamais milité. Sauf pour la vie et toujours seule…» dit Cristina. Et celle qui milite dans la vie est la fille de Esteban El Pollo Castello et Rosita La Chiquita Castello Batmalle, et la sœur de Marta; c’est la petite fille qui – habitée par la poésie et la parole -, a commencé à écrire à l’age de 4 ans.

 

- Quelle différence trouvez-vous entre «travailler» comme journaliste et «être» poète?

- La même qu’entre «faire» et «être». Je travaille comme journaliste, mais je suis contrebandière. De poésie. Mon Paul Éluard avait déjà dit que poète est plus celui qui inspire que celui qui est inspiré. Et il s’agit de cela, parce que la poésie est une vision de l’univers et une manière de le découvrir avec des yeux d’enfant. C’est de la beauté esthétique qui nous perce, oui. Mais, encore il est une éthique, par laquelle les visages des gens ne sont pas seulement d’yeux, nez et bouche. Ce sont des cartes de géographies intérieures qui dévoilent des plénitudes, abîmes et histoires. La poésie est éternité. C’est un éclat en silence.

 

- Votre condition dionysiaque pour sentir et votre choix apollinien dans le style, parlent de la condition humaine paradoxale?

- Ah! Les humains! Pendant des années, je n’ai pas compris la capacité de l’homme pour produire de l’horreur. La cruauté, le mensonge, la torture… et je continue sans comprendre, mais à présent je sais que «cela» constitue aussi la condition humaine. Quant à moi, oui… je suis dionysiaque pour sentir. Je me réjouis et souffre d’intensité. Je suis esclave de la beauté et mon propre esclave, dans l’amour pour les autres et dans mon désir ardent de lumière. Vous savez… l’indifférence est mort et j’aime la vie. Mais la vie de tous. Alors, je m’engage jusqu’à l’os de l’âme, et je vis en implosion, et j’éclate à l’intérieur, et j’agonise et renais plusieurs fois dans un seul jour. Et c’est vrai que je suis apollinienne dans le style, mais, dans cette mer apparemment calme de mon langage à la télé ou de ma parole écrite, il y a une tension spirituelle qu’on respire.

 

- L’interview journalistique a ses secrets. Percer l’interviewé, on l’apprend tout en le faisant et en le ressentant?

- Voyons… Comment vous répondre tout simplement? Disons qu’une interview est montrer la multitude et chaque homme en particulier, avec ce qui le stimule et qui l’angoisse, sous sa vie d’homme, tout ce qu’il allume, son espoir et son sang, son histoire et sa douleur. Vous vous rendez compte? J’ai fait trois mille interviews, j’ai un livre presque fini sur ses techniques et secrets, et j’ai été enseignant de cette discipline, mais je vous ai répondu avec des mots de Paul Eluard. Et maintenant, les miens se lient avec les siens. Faire une interview est jeter des semences pour que la vérité allume. Et avec les semences nous pouvons changer le monde. Encore.

 

- Qu’est-ce que les voyages représentent pour vous?  

- Ils signifient être un fouineur de crépuscules et d’aubes, de vies et de rêves d’autres êtres. Je suis nomade et sédentaire en même temps. Nomade, les gens que j’aime, l’art et les cieux des autres pays sont mon pays sans géographie. Sédentaire, je peux paraître presque autiste, parce que j’ai besoin d’être avec moi et chez moi, seule et en silence. Me trouver. Mais, il y a deux lieux où mon âme s’étend. Paris et la mer. C’est un mystère.

 

- Qui a guidé le choix de «sève» - une section de votre Web – nourrie par Paul Eluard, Baudelaire, Borges, Vilariño, Whitman, Lennon, Monet, Pessoa, Pizarnik, Vallejo o Rimbaud, entre autres?

- Ma propre soif. Et Eluard et Desnos; et Redon et Carrière; et Eduardo Bendersky et Juarroz; et Pizarnik et Gustave Moreau. Et Chiquita Castello: elle m’a semée la poésie, elle m’a taillé la soif. C’est ma mère, et maintenant, dès l’Azur, elle nous regarde. Poésie bénite, soif bénite.

 

- D’où surgit cette soif perpétuelle? Ce seront les pierres et la brise de Córdoba les muses d’une telle curiosité accumulée?

- Je ne sais pas… je ne sais pas tant. Je sais que la soif est la respiration de mon âme. C’est la passion de l’absolu, qui vient accompagnée du vertige de l’absolu, d’après aussi «mon» Louis Aragon. C’est cela de Pedro Salinas… “quiero sacar de ti tu mejor tú / ese que no te viste y yo te veo....”* Je ne sais que la soif, qui embrasse et embrasse des valeurs, poésie et vie, est mon matériel de résistance spirituelle.

 

- D’après vous, écrire est donner de la voix au silence. Commet avez-vous appris à l’écouter?

- Je n’ai pas appris, talentueuse et sensible Claudia, mais je l’écoute par instants qui sont souffles d’éternité. Chez les autres, je l’essaie, et dans ce désir se concentre toute ma vie. «Qu’est-ce qu’un feuillet?», dit une poésie russe. «C’est quelque chose que tu ne peux pas la tourner jusqu’à ce que tu ne sors pas la dernière ligne de toi-même». Il est question de ceci. Regardez, pour écrire je préfère des verbes et des noms, et j’abomine des adjectifs et articles. Et je veux cela pour moi: être nom nu, verbe pur. Ce n’est pas facile, mais il est un chemin à construire, de dépouillement et d’intériorité. Pourvu que l’âme me soit prodigue. Et que l’art, qui modifie la vie, continue à m’embrasser.

 

- Pour qui sonnent les cloches?

- Aujourd’hui, les cloches sonnent dans le monde pour tant de mort, tant de douleur et tant de folie assassine. Mais un jour elles entonneront un chant de la plénitude humaine. Alors, comme je le dis dans mon poème «Semences», l’Ode à la Joie de Schiller, la Neuvième de Beethoven, seront l’hymne de tous les justes dans la terre.

 

- «Quelles semailles faisons-nous dans le cœur de l’homme?», vous vous demandez dans votre web. Quelles sont les vôtres?

- J’essaie de semer de la bonté et de la transparence, parce que j’aime les cristaux. Mais, pour mes semailles, d’abord je travaille avec moi et essaie d’être chaque jour meilleure personne. Cependant, je ne suis pas l’indiquée pour parler de ceci.

 

- Qu’est-ce que l’engagement?

- C’est la seule manière de vivre. Je ne connais pas d’autre. S’engager est aimer.

 

- Les poètes sont d’innocents écrivains d’innocences?

- L’innocence, concept tellement maltraité, est un de mes mots et l’un de mes défis, quoiqu’il y ait plus de questions que de réponses par rapport aux artistes. Ezra Pound a été innocent, accusé de fasciste? Borges a été innocent quand, en pleine dictature criminelle, il a dit qu’il nous fallaient encore cent ans de «gouvernement» militaire? Les exemples abondent et je ne peux pas généraliser. Les «miens», Paul Eluard, Miguel Hernández, Robert Desnos, Louis Aragon, Celan, Whitman…, et suivent les signatures, ils n’ont pas été naïfs, mais si innocents, et ils ont écrit l’innocence. Ils ont écrit leur soif d’un monde de libertés, toujours verticaux face à tous les hivers et toujours avec leurs yeux à l’Azur.

 

- Que sont les masques?

- Le mensonge. Le Pouvoir. La réussite au lieu du triomphe. Le besoin d’être, coûte «gagnant». Et il y en a plus.

 

- Qui donne à la poésie des ailes pour voler, des échos pour se faire entendre et des clairs-obscurs pour regarder?

- Je ne sais pas. Je sais que la poésie est la révolution de Dieu.

 

Enseignes rompues, masques défaites

Journaliste diplômée de l’École Supérieure de Journalisme (Escuela Superior de Periodismo) de la ville de Córdoba, Cristina Castello est synonyme de journalisme dans les milieux graphiques, de la radiodiffusion et de la télédiffusion.

«Dans les milieux graphiques, j’ai écrit des kilomètres de mots. J’ai eu à ma charge les articles de couverture de ‘Viva’ (le magazine dominical du journal ‘Clarín’). J’ai été rédactrice en chef de la revue ‘Gente’ (pour la partie sérieuse: je hais la vacuité); j’ai fait pendant quelque temps l’interview étendue de ‘Playboy Internacional’; et j’ai travaillé dans les journaux ‘Tiempo Argentino’, ‘La Voz del Interior’, ‘Córdoba’, ‘Los Principios’ et autres. J’ai collaboré aussi aux journaux ‘Clarín’, ‘La Época’, ‘La Voz’… et suivent les signatures. Ils ont été beaucoup. J’ai écrit aussi pour ‘Somos’, ‘El Gráfico’,’Para Ti’, ‘Arte al Día’,’La Semana’. Et... ”, dit-elle de ses fleuves d’encre épars dans le monde.

À la radio, elle a été chroniqueuse d’«Amanece que no es poco» et animatrice de «Convengamos que… con Cristina Castello».

À la télé, elle a fait jusqu’à mars 2001, son émission «Sin Máscara» «avec accent sur la culture – toujours poésie toujours – mais traversée par la vie».

Celle qui a été enseignante de l’Interview journalistique est conseillère éditoriale et chroniqueuse de «Página Digital» ( www.paginadigital.com.ar) et travaille pour d’autres médias du Net, quelques journaux de papier de Madrid, Paris, Rome, Pérou, Portugal, et d’autres pays. Cinq livres en procès de réalisation attendent mourir dans les imprimeries. Et comme s’il serait peu, elle se laisse découvrir dans www.cristinacastello.com (C.S.L.)

*“je veux tirer de toi ton meilleur tu / celui que tu n’as pas vu et moi, je te vois....”

 

 



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